NOTE D’INTENTION
D'un point de vue narratif :
YANA SALANDRA se veut une expérience audacieuse.
Première obligation : l'intrigue représente chaque journée d'une semaine.
Chaque journée doit être vue comme un "épisode" tourné d'une manière différente à chaque fois.
Par exemple, lundi sera constitué de scènes totalement muettes, composé de longs plans séquences tournés au Steadycam, en grand angle (35mm), et chorégraphiés au son du mouvement d’un concerto de Mozart.
A l’inverse, mardi sera composé de courts plans fixes, très montés, filmés en focale normale (35mm), dans un schéma classique de dialogues.
Mercredi présentera essentiellement des plans sous forme de BD, commentées par la voix-off de Yana Salandra, illustrées par de la musique et des effets sonores.
Jeudi sera filmé en éclairage naturel, en extérieur etc…
Le film intégrera aussi d’autres formes audiovisuelles comme la bande dessinée, le photomontage, le reportage. Certaines apparaissent de manière plus brute dans mon film GINA WONG.
Ce film est aussi le nouveau volet d'une saga commencée avec UNENDING.
Sous couvert d'anticipation, ces films veulent pointer du doigt certaines dérives contemporaines. Et réfléchir sur ce qui peut rendre les humains moins « humains ».
Ces films se veulent aussi exploratoires de « nouvelles » pistes dans la manière de faire du cinéma, de manière plus "économique" sans pour autant négliger la qualité artistique.
D'un point de vue esthétique :
Tout d'abord, YANA SALANDRA n'est pas un film réaliste. Il se situe dans un contexte espace-temps indéterminé, mais dans la continuité de l’univers apparu à la fin de UNENDING. Dans les limites du budget, l'esthétique doit donc se rattacher le moins possible au monde tel qu'on le conçoit en 2009.
La décoration est très importante, et doit être chargée de sens dans ses moindres détails.
Le logement de Yana se situe dans un studio de photographe, disposant des commodités d’une véritable habitation. On y trouve les signes d’une personnalité un peu bohème, avec des livres, des images, des meubles fantaisistes, des tableaux oniriques, mais aussi des guirlandes, des petites sources lumineuses vives, des objets insolites etc.… On devra également voir une déclaration FNI encadrée, le logo de Greenpeace, un exemplaire de Like a conquered province de Paul Goodman (livre de 1972).
Bref, tout le décor concourra à donner de Yana une image fantaisiste, artistique, écologique, heureuse.
Les éclairages sont importants, car ils accentuent la progression dramatique.
En journée l'atmosphère est lumineuse, éclairée par la lumière du jour se diffusant dans la pièce, à travers une fenêtre.
Dans la soirée, une lumière artificielle de couleur orangée aux tons chauds prend le relais.
Une fois dans l'obscurité, la lumière devient bleue "nuit", la source redevenant l'extérieur.
On notera que certaines parties du décor seront dans une relative pénombre. D'autres seront constamment en lumière artificielle d'une autre couleur (comme la salle de bain, en couleur mauve).
Au fur et à mesure que l'intrigue avancera, la lumière du jour deviendra de plus en plus rare, pour ne plus du tout être utilisée dans la dernière scène, tandis que la lumière venant de l'extérieur tendra à devenir de plus en plus menaçante (rouge par exemple).
Vu le caractère psychologique du film, les costumes ont une symbolique très marquée.
Pendant la première partie, Yana sera vêtue de tenues très légères, de couleur très claire, voire totalement nue. Ces « tenues » veulent accentuer l'impression d'une vie fantaisiste, sans contrainte, bohème.
La femme de ses cauchemars portera toujours le même costume, basé sur un modèle précis : les tenues masculines de la fin du XIX eme siècle. Dans des couleurs sombres, et des matières plutôt rigides. Il en va de même pour les personnes visibles dans les flash-back. Ce sont les costumes apparus à la fin de UNENDING.
L’apparence de son amoureux variera en fonction de ses apparitions. Nu si Yana l’est, ou dans une tenue stricte à la fin du récit. Mais dans un style plutôt "1930" : costume croisé noir à rayures blanches. Un peu comme le personnage Pierre Calvi de mon film GINA WONG.
La bande sonore est également essentielle pour la progression du récit.
Maritime (mais sans bruit d'animaux !) et sereine au début, elle devient de plus en plus inquiétante et tourmentée au fur et à mesure que le récit avance.
La musique suivra la même évolution : optimiste, puis inquiète, et finalement sombre.
D’un point de vue philosophique : attention SPOILERS !
Si vous êtes sensibles à des questions de société comme la défense de l’environnement ou des droits de l’homme ce qui suit peut vous intéresser, mais révèle aussi certains rebondissements qui apparaissent dans le film.